une nouvelle Turandot à Montréal

La superbe et gigantesque production de l'Opéra de Montréal, collaboration avec les Opéras de Washington. et de Dallas, s'est achevée dimanche après seulement (comme d'habitude hélas) 4 performances.
Rappelons que l'on fête les 100 ans de cet opéra créé à la Scala de Milan, à titre posthume, le 25 avril 1926, sous la direction d’Arturo Toscanini
La présente production a présenté un nouvel épilogue composé par Christopher Tin sur un livret de Susan Soon He Stanton, à la demande de Francesca Zambello, metteuse en scène et directrice artistique de l'Opéra de Washington. En effet, la fin "habituelle" (après la mort de Liù) composée par un élève de Puccini, Franco Alfano, n'est plus au goût du jour avec notre vécu de "me too". (Il y avait celle, bien plus belle, de Luciano Berio mais elle utilise aussi le livret original).
Chacun a pu se faire une idée assez précise sur la dite nouvelle fin, l'un détestant le livret, l'autre se plaignant des manquements de style au niveau musical. J'ai moi aussi, et nombre de mes collègues chanteurs, des doutes sur certains passages, mais il a le bon côté de donner au chœur une belle place finale (quoiqu'un ton plus bas que dans la fin d'Alfano).
Bref, nous avons eu beaucoup de plaisir à monter cette production. Bien sûr la musique y tient pour une bonne part, elle est sublime, pour ce qui est de celle composée par Puccini tout du moins. L'assistante de la metteuse en scène (Anna Maria Bruzzese) a été fantastique du début à la fin, toujours agréable et efficace. Le chef italien, Paolo Arrivabene, maîtraisait parfaitement la partition qu'il avait déjà dirigée un bon nombre de fois et est toujours resté calme, agréable et même blagueur, en plus de donner une battue précise et sûre, pendant les 4 shows ; ce n'est pas toujours le cas.
Quel bonheur d'entendre à côté de nous la voix de stentor de Maida Hundeling (alias Turandot) dans In questa regia ; même si le texte passait parfois au second plan, l'impact de sa projection était incroyable. Andrea Shin, dans Calaf, quoiqu'un peu statique, sut donner le change avec une vocalité de belle tenue dans ce rôle exigeant lui aussi. Kirsten MacKinnon, notre Liù (elle chantait la comtesse dans Les Noces de Mozart il y a pas longtemps), a clairement de belles années de carrière devant elle. Bravo à la belle distribution !
Diverses critiques ci-dessous
... et les sensationnelles voix choisies pour constituer le Choeur de l’Opéra de Montréal éblouissent sans relâche
Les prestations des chanteurs et des chœurs sont tellement au point que les frissons nous soulèvent de notre siège
... le formidable travail des très audibles chœurs qui interviennent souvent, avec pertinence et autorité...
Le Chœur de l’Opéra de Montréal, préparé par Claude Webster, atteint un degré élevé de raffinement dans son interprétation, produisant des couleurs que je ne lui avais encore jamais entendues.
... chorus displayed impressive rhythmic precision, dynamic control and sonic weight
... chœur de la maison, préparé par Claude Webster, a réalisé un travail exceptionnel, faisant preuve d’une solide préparation, de précision et d’une grande richesse de nuances dans chacune de ses interventions












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